Dans un Burundi où les femmes sont confrontées à des normes sociales et des barrières culturelles limitant leur participation économique, le projet “Je na we mw’iterambere : Accroître le rôle socio-économique des femmes au Burundi, et renforcer leur autonomie” vise à transformer cette réalité. Financé par le Gouvernement Belge – Direction Générale Coopération au Développement et Aide Humanitaire (DGD), ce projet ambitieux s’étend dans plusieurs provinces burundaises, dont Bubanza, Bujumbura Rural, Bururi, Makamba, Kayanza, Ngozi et Muyinga.
En partenariat avec des organisations locales et des médias, ce projet cherche à créer un environnement favorable l’autonomie des femmes, avec pour objectif final de réduire les inégalités entre les femmes et hommes au Burundi. Il vise notamment à faire évoluer positivement les normes sociales limitant la participation économique des femmes, en particulier des jeunes femmes âgées de 18 à 35 ans en zones rurales et semi-urbaines, et à réduire les barrières culturelles qui entravent leur émancipation.
Transformer les normes sociales
Le projet travaille avec des associations de producteurs et coopératives pour valoriser leur rôle et promouvoir leur participation à la prise de décisions économiques dans la société. Il soutient l’accès des femmes à davantage d’activités génératrices de revenus en renforçant leurs capacités et en favorisant la création de réseaux féminins pour encourager les collaborations entre femmes entrepreneuses.
Le programme soutient les organisations de la société civile dirigées par des femmes pour renforcer leur visibilité et leur influence auprès des autorités. Il contribue ainsi à transformer les normes sociales et culturelles qui limitent la participation des femmes à la vie socioéconomique.
Représentation des femmes dans les médias
Search for Common ground travaille en partenariat avec trois organisations de la société civile burundaise telles que la Fondation Kahawatu qui apporte une solide expertise dans le secteur du café, l’Association Dushirehamwe, l’un des principaux réseaux de femmes promotrices de la paix au Burundi et le Réseau des Institutions de Microfinance (RIM), un réseau vise à promouvoir une meilleure éducation financière et une culture du crédit. Les organisations partenaires apportent leur expertise et leur ancrage local pour renforcer les capacités des femmes et favoriser leur accès aux financements. Le projet vise à maximiser son impact et à atteindre un large public grâce au travail réalisé avec 15 radios partenaires qui permettent de diffuser les émissions liées aux activités de Search dans tous le pays en français, en anglais et en kirundi.
Le projet entend également renforcer les capacités des médias à traiter des questions économiques en tenant compte des différentes réalités vécues par les femmes et les hommes, afin de promouvoir une meilleure représentation des femmes dans les médias et de sensibiliser le public aux enjeux liés aux inégalités. À travers des formations et des subventions, il encourage les radios partenaires à produire des contenus visant à transformer les normes sociales discriminatoires envers les femmes.
En renforçant l’autonomisation économique des femmes, ce projet contribuera à créer les conditions d’une meilleure participation socio-économique des femmes, et à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes au Burundi, renforçant ainsi la cohésion sociale et favorisant le développement économique du pays.
Les clubs d’écoute : comment la radio devient une expérience collective et encourage le débat
La radio transcende l’expérience individuelle pour devenir une force unificatrice. Les émissions ont le pouvoir de créer des liens significatifs. Goudoula de Muyinga, parmi une quinzaine d’autres femmes, participe à un “club d’écoute” où, ensembles, ces femmes elles se réunissent pour écouter des émissions présentant des histoires inspirantes de femmes entrepreneurs. Ces rencontres offrent un espace pour discuter de leurs succès, mais aussi de leurs échecs.
“Au début, j’ai hésité. La peur de partager mon histoire et d’être jugée m’a traversée. Cependant, ce sentiment s’est rapidement dissipé lorsque j’ai entendu d’autres femmes parler ouvertement de leurs doutes. Un sentiment de reconnaissance m’a envahie, réalisant que beaucoup vivaient des expériences similaires. Cela m’a donné confiance en moi, suscitant en moi le désir de m’engager dans l’entrepreneuriat, à l’instar des autres femmes.”
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In a country where women are confronted with social norms and cultural barriers that limit their socio-economic participation, the project “Je na we mw’iterambere : Enhancing the Socio-Economic Role of Women in Burundi and Strengthening Their Autonomy” aims to transform this reality. Funded by the Belgian Development Cooperation, this ambitious project extends to several Burundian provinces, including Bubanza, Bujumbura Rural, Bururi, Makamba, Kayanza, Ngozi, and Muyinga.
In partnership with local organizations and media, this project seeks to create an environment conducive to the increased autonomy of women, with the ultimate goal of reducing inequalities between men and women in Burundi. It aims to positively change the social norms limiting women’s economic participation, especially young women aged 18 to 35 in rural and semi-urban areas, and to reduce the cultural barriers hindering their emancipation.
Social and cultural norms
The project works with media associations and cooperatives to highlight their role and promote their participation in economic decision-making on different levels in society. It supports women’s access to more income-generating activities by strengthening their entrepreneurial capacities and fostering women’s networks to encourage collaboration among women entrepreneurs.
The program supports women-led civil society organizations to strengthen their visibility and influence with authorities. It thus contributes to transforming social and cultural norms that limit women’s participation in socio-economic life.
Representation of women in media
Search for Common Ground partners with three Burundian civil society organizations: Kahawatu Foundation, which brings solid expertise in the coffee sector; the Dushirehamwe Association, one of the main networks of women promoting peace in Burundi; and the Network of Microfinance Institutions (RIM), a network aiming to promote better financial education and a credit culture. The partner organizations bring their expertise and local anchorage to strengthen women’s capacities and facilitate their access to funding. The project aims to maximize its impact and reach a wide audience through, amongst others, working with 15 partner radios, which broadcast programs around women’s economic empowerment throughout the country in French, English, and Kirundi.
The project also aims to strengthen the capacity of media outlets to address economic issues while taking into account the different realities experienced by women and men, in order to promote better representation of women in the media and raise public awareness of issues related to inequality. Through training and grants, it encourages partner radio stations to produce content that contributes to transforming discriminatory social norms towards women.
By strengthening women’s economic empowerment, this project will contribute to creating conditions for improved socio-economic participation of women, thereby enhancing social cohesion and promoting economic development in Burundi.
Listeners’ club: how radio becomes a collective experience, encouraging debates. Radio transcends individual experience to become a unifying force. Broadcasts have the power to create significant bonds. Goudoula from Muyinga, like 15 other women, participates in a listeners’ club where, together, these women gather to listen to broadcasts presenting the inspiring stories of female entrepreneurs. These gatherings provide them with a space to discuss their successes, but also their failures.
“In the beginning, I was hesitating. The fear of sharing my story and being judged arose. However, that feeling quickly faded away when I listened to other women talk openly about their doubts. A feeling of validation came over me, realising that many were living similar experiences. This gave me self-confidence, sparking in me the desire to get involved in entrepreneurship, just like the other women.”
