Comment s’organise la vie alors que l’épidémie d’Ebola n’est pas maîtrisée ? “La population fait face à un climat de méfiance généralisée”

July 10, 2026

Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola est encore loin d’être sous contrôle. Paradoxalement, pour une grande partie des habitants, la vie continue malgré tout.

Depuis mai, je vis à Bunia avec mes enfants, dans une ville où l’épidémie d’Ebola a rapidement changé le quotidien. Mon arrivée ici a coïncidé avec l’annonce de la déclaration de l’épidémie d’Ebola dans la région. Dès le début, j’ai compris que ce n’était pas seulement une maladie au sens médical du terme, mais aussi une crise profonde marquée par la peur et la confusion.

Très vite, j’ai observé que la population ne faisait pas uniquement face à l’épidémie elle-même, mais aussi à un climat de méfiance généralisée. Beaucoup de personnes doutent de la réalité de la maladie ou remettent en question les réponses apportées par certaines autorités et acteurs médicaux. Le gouvernement ne parvient pas à mettre fin aux conflits incessants, et les institutions internationales inspirent peu confiance. Cela renforce la conviction que les interventions étrangères servent avant tout les intérêts d’autrui. Les rumeurs circulent rapidement, et cette désinformation complique l’application des mesures de prévention.

Le personnel médical manque
En parallèle, un autre problème apparaît : le manque de personnel médical, en particulier dans les services pédiatriques et gynécologiques. Une partie du personnel soignant est également en quarantaine, ce qui rend l’accès aux soins spécialisés très difficile. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres mères ici, il est devenu compliqué, voire inquiétant, de consulter un pédiatre pour mon enfant par exemple.

Dans ce contexte, la peur de tomber malade est constante, car nous savons que l’accès à des soins spécialisés n’est pas garanti. La situation dans laquelle nous vivons est psychologiquement lourde. Je ne suis pas la seule à surveiller constamment mon propre corps, car au moindre changement, la peur peut surgir d’avoir été contaminée et de tomber malade. Je vous assure, cette vigilance permanente est très fatigante.

L

Malgré les difficultés, la vie continue. Beaucoup de mesures de prévention sont progressivement devenues des habitudes quotidiennes. Chaque jour, je me rends au travail. Dans mon activité, je soutiens des campagnes de sensibilisation, notamment à la radio, autour des rumeurs, de la désinformation et des conséquences réelles de la maladie. Avec Search for Common Ground, on travaille avec des radios partenaires et je suis reconnaissante de pouvoir contribuer, à mon niveau, à renforcer la sensibilisation et la résilience des populations.

Vivre avec l’incertitude
À Bunia, les habitants ont appris à vivre avec l’incertitude, sans que cela n’efface les traces laissées par les crises successives. Beaucoup de familles restent marquées par les conflits : déplacements répétés et pertes de moyens. Dans ce contexte, se nourrir reste une priorité quotidienne et la fatigue est générale. Les initiatives communautaires comme la radio, tentent alors de recréer du dialogue et du lien dans un environnement fragilisé. Dans cette région éprouvée, la reconstruction de la confiance apparaît presque aussi essentielle que la résolution des crises elles-mêmes.

Cet article a été publié initialement dans La Libre. Lisez l’article original ici.

Sign up to stay informed about Search for Common Ground’s work around the world and how you can get involved.

This field is for validation purposes and should be left unchanged.
Name(Required)
Search for Common Ground
Privacy Overview

This website uses cookies so that we can provide you with the best user experience possible. Cookie information is stored in your browser and performs functions such as recognising you when you return to our website and helping our team to understand which sections of the website you find most interesting and useful.