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Septembre 2009

La troupe de théâtre participatif de SFCG
La troupe de théâtre participatif de SFCG, à Goma, composée de civils et de
militaires, en action dans le camp militaire

Contexte du pays

Au mois de janvier 2009, les gouvernements de la RDC et du Rwanda ont commencé une collaboration dans la lutte contre le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) et les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Cette décision inattendue a surpris beaucoup des Congolais et la communauté internationale. Cette réalignement politique dramatique venait après plus d'une décennie d'hostilités entre les deux gouvernements et a mené à l'arrestation du dissident Général Laurent Nkunda par le gouvernement rwandais. Malgré que l’Opération Umoja qui a suivi fût moins brutale dans son traitement des civils que des opérations précédant, elle n’a pas abouti à l’éradication des FDLR. Le succès inachevé de l’Opération Umoja a entraîné, quelques mois plus tard, le lancement de l’opération Kimia II, une initiative de la FARDC avec le soutien de la Monuc. Au Sud Kivu, les opérations Kimia II ont engendré le déplacement de 20.000 civils, des violations des droits de l’homme par différents porteurs d'armes et la destruction des maisons des civils par des membres présumés FDLR. En même temps, les attaques menées par les Lords’ Resistance Army (LRA) dans la Province Orientale continuent à déstabiliser le pays, en dépit la coopération entre l’armée ougandaise et la FARDC pour combattre les milices. Entre-temps, le Programme Amani a été officiellement clôturé avec la démobilisation de moins de 10% des membres des groupes armées ciblées.

Sur le front politique, le Président Joseph Kabila a émis un fort signal contre la corruption dans son discours du 30 juin, jour de l'Indépendance qui s’est suivi par le virement controversé des centaines de magistrats accusés de corruption. Les derniers trois mois ont vu des tensions croissantes entre les branches exécutive et législative, et des accusations de mauvaise gestion contre les gouverneurs provinciaux et des plaintes par les présidents des assemblées provinciales, tournant autour de la provision constitutionnelle pour une rétrocession des fonds aux autorités locales et des parlements provinciaux.

En anticipation des élections locales prévue en 2009, ainsi que les élections législatives et présidentielles ultérieures, le gouvernement congolais a ré-ouvert le fichier électoral à Kinshasa en juillet et août. Dans les provinces au-delà de Kinshasa, le recensement, initialement prévu en août, a été reporté à une date indéterminée. Il est fort à parier que le recensement en cours se terminera au plus tôt à la fin de l’année, ce qui risque d’entraîner un délai pour les élections locales prévues en 2010.

SFCG accueille La Secrétaire d’Etat Clinton

La Secrétaire Clinton
La Secrétaire Clinton et l’ancienne vedette de basket-ball NBA Dikembe Mutombo assistent à une forum publique avec Lena Slachmuijlder, Directrice Nationale de SFCG, et Yolande Konde, Coordonnatrice Provinciale du COJESKI

Pendant la visite de la Secrétaire d’Etat Américaine Hillary Clinton à la RDC au mois d’août, SFCG l’a accueilli à une Tribune d’Expression Populaire organisé par SFCG avec notre partenaire local, COJESKI (Collectif des Jeunes Solidaires du Congo Kinshasa) avec 140 étudiants universitaires. La Secretaire était accompagnée par l'ancienne vedette de basket-ball NBA Dikembe Mutombo.

Dans son discours, Secrétaire Clinton a souligné la collaboration entre SFCG et COJESKI, qui organisent des Tribunes d’Expression Populaire autour de la bonne gouvernence dans six villes congolais, avec l’appui de USAID. Ces rencontres impliquent des universitaires et des autorités élus dans les échanges sur les problèmes et les pistes de solution. Mme la Secrétaire Clinton a également félicité le travail de COJESKI dans leur travail de rendre redevable les autorités congolais.

Notre Directrice National, Lena Slachmuijlder, a introduit la Secrétaire en soulignant l'importance de ces Tribunes d’Expression Populaires dans le contexte de la RDC. Oeuvrer pour un changement doit commencer avec les jeunes, elle a dit, parce que «quand nous sommes jeunes, et nous parvenons à amorcer des changements; nous devenons fidèles à cet esprit d’activisme et de service pour le reste de nos vies.» Yolande Konde, Coordonnatrice Provinciale de COJESKI est étudiante en droit à l'Université de Kinshasa, a déclaré : «Nos universités sont accablés par la corruption, l'intimidation, le tribalisme, la violence et une absence de valeurs. Mais, très souvent, quand nous essayons de discuter avec nos autorités et nos dirigeants élus, les portes nous sont fermés.»

Les questions posées par les étudiants reflétaient le niveau de désespoir et frustration ressenti par de nombreux jeunes. Une question posée, reçu avec des applaudissements des étudiants présents était : «Qu’arrivera-t-il si en travaillant sérieusement, je parvenais un jour à devenir président de ce pays? Quelle garantie aurai-je de ne pas être éliminé comme c’est arrivé par le passé, à certains dirigeants de notre pays? Les États-Unis peuvent-il garantir que cela ne se reproduira plus? » Mme la Secrétaire Clinton a répondu franchement, en confirmant que l'histoire de la RDC a été marquée par l'interférence et la manipulation des puissances étrangères. Mme la Secrétaire Clinton a souligné la nécessité de s’assurer que les ressources minérales et naturelles de la RDC en bénéficient le peuple congolais, qui est parmi le plus pauvre du monde. Elle a ajouté que l'exploitation de la ressource la plus précieuse du Congo - ses filles et ses femmes - doit cesser.

Drame sur le terrain de football

Que faire quand la première femme d'un entraîneur de football polygame d'une équipe féminine est lynchée par des fans en colère après la victoire de l'équipe de son mari? Que faire quand l'une des joueuses se rend compte que le président de l'équipe a été impliqué dans l’assassinat de son frère, il y a plus de 10 ans? Que faire quand une femme arbitre est victime d’un viol planifié par son copain séropositif? Suivez la prochaine production congolaise de l'Equipe, une série télévisé de 12 épisodes, actuellement en pré production. Cette série fait parti d’une dizaine de productions radiophoniques et télévisés que SFCG est en train de produire en anticipant la Coupe du Monde de Football en Afrique du Sud en 2010. En RDC la série abordent des thèmes de transformation des conflits, bonne gouvernance et genre à travers des personnages captivants et des intrigues. Au Kenya et en Côte d’Ivoire, les séries sont déjà diffusées, alors que la version RDC sera diffusée au début 2010. L'équipe d'écrivains de la RDC a choisi de focaliser le scénario sur d'une équipe féminine de football dont les jeunes joueuse dynamiques résolvent une série de problémes difficiles, beaucoup dont émanent en grande partie de l'entraîneur et le président du club. La trame de l'histoire permet un examen transversal sur les questions de genre tout en abordant la corruption, la manipulation, la violence électorale, le tribalisme et le VIH-SIDA

 

SFCG mobilisé pour le processus de recensement des électeurs

SFCG utilise son expérience en production médiatique et en communication pour produire une campagne de spots radio et TV dans le but de soutenir la récente campagne d'inscription des électeurs à Kinshasa. Un des spots TV dépeint un débat politique, au cours duquel les différents invités se disputent férocement. À un moment donné, une des participants essaie de parler, mais curieusement, il n'y a pas de son! Elle essaie à nouveau, mais en vain. Ensuite, la voix d’un annonceur: «Vous avez aussi une voix. Si vous voulez être entendu, vous devez vous inscrire pour voter. C'est maintenant ! Ne manquez pas l’occasion !. Votre vote est votre voix !» Ces spots ont été produits en consultation avec la commission électorale indépendante de la RDC et Development Alternatives International avec l’appui de l’USAID.

Les Sondages à Goma révèlent l’éfficacité des outils de SFCG

Ecoutez-vous des émissions radio de SFCG?L'équipe de suivi et évaluations de SFCG a complété un sondage de 300 civils et 100 soldats à Goma au mois de juin afin de mesurer l'efficacité du théâtre participatif, de la radio et des activités collaboratifs entre des militaires et civils . Pendant quatre mois, les comédiens de SFCG ont joué 53 représentations devant 39.200 personnes dans cinq quartiers de la ville de Goma. Le sondage a montré que 27% de la population a participé aux spectacles de théâtre, et de ce pourcentage, 78% ont déclaré avoir appris à gérer leurs conflits sans violence. 75% ont indiqué qu'ils ont mis les leçons des programmes SFCG en application dans les conflits de leur vie quotidienne. Voyez une bande-annonce pour un nouveau film de cette troupe à http://www.youtube.com/watch? v=uMoRDdBDh40

Auditeurs par émission SFCGEn ce qui concerne le taux d'écoute des programmes radio SFCG, 89% des civils ont déclaré qu'ils écoutent la programmation de SFCG sur les radios locales, les trois principaux programmes étant Jirani ni Ndugu (feuilleton radiophonique sur les conflits dans la vie quotidienne), Sisi Watoto (programme sur les droits des enfants produit par les jeunes journalistes) et Kesho ni Siku Mpya, ce qui traduit comme «Demain, c’est un Nouveau Jour» (feuilleton radiophonique sur la réforme du secteur de la sécurité et le DDR). 94% des militaires écoutent les programmes de SFCG, le programme le plus populaire étant Kesho ni Siku Mpya (80%).

Le sondage a également étudié la pénétration des sessions de sensibilisation de SFCG et menées en collaboration avec l’armée congolaise. Ceci comprend aussi les performances d’une troupe de théâtre participative unique en son genre, composée de militaires et civiles jouant pour des unités associées à la 8ième Région Militaire sur les thèmes des violations des droits de l’homme et conflits à l’intérieur de leurs unités. Fidèle à la méthodologie qui vise d'abord à refléter les problèmes et les conflits à l'audience, 72% des militaires interrogés ont dit s’être identifié aux conflits présentés au théâtre. 96% des militaires interrogés ont dit qu'ils avaient été en mesure de mettre en application les messages reçus au cours des sessions de théâtre participatif. Quant à la question de savoir ce qui était «différent» dans ces sessions en comparaison avec le discours moralisateur des parades militaires conventionnelles des FARDC, un tiers d'entre eux dit que les sessions sont «concrètes» et «pratiques», tandis qu'un sur six militaires ont déclaré que les sessions SFCG ont touché leur conscience, plutôt que d’uniquement recevoir des ordres.

L'équipe de suivi et évaluations a entrepris aussi des études de cas sur l'impact du projet d’appui SFCG aux FARDC afin de lutter contre l'impunité, protéger les droits de l'homme et améliorer les relations entre les militaires et les civils. L'équipe a focalisé sur la Force Navale, largement accusée de harcèlement des pêcheurs qui arrivent sur les rives du lac Kivu. Un témoignage du commandant de bataillon navale a été croisé avec ceux d'un échantillon de pêcheurs, ont souligné que le harcèlement des pêcheurs - en particulier le vol de poissons et la l'exigence de carburant gratuit - avait diminué au cours des derniers mois. Ceci est attribué au programme SFCG «Demain, c’est un Nouveau Jour», évoquant le titre de l'émission avec le même nom, et qui englobe des sessions de sensibilisation au sein des unités FARDC, des programmes radio en soulignant le respect des civils, et un engagement des officiers de l'armée pour réprimer les abus commis par les soldats dans leurs unités.

Faisons-le en parlent d’abord

Civile (DYSOCIV) afin d’organiser 348 Tribunes d’Expression Populaire (TEP) au sujet des questions pertinente de la bonne gouvernance au niveau locale. Dans le cadre du projet Tosalel'ango! (Faisons-le!), SFCG a formé les leaders de société civile locales dans la façon de contextualiser un problème, comme la corruption ou la transparence du budget, et faciliter un dialogue entre les autorités, les leaders locaux, les élus et la population. Ces points focaux travaillent dans les 26 actuelles et futures provinces et collaborent avec les stations de radio dans leurs communautés, co-produisant une émission sur le même thématique que la TEP.

La même approche est utilisé en collaboration avec le réseau local de jeunes universitaires, COJESKI, dans six villes, avec l’appui de USAID. Au moment de son démarrage, ce projet a connu plusieurs défis lies á l’habitude de la société civile congolaise d’agir comme sensibilisateur ou dénonciateur, au lieu de comme faciliter d’un dialogue constructif. Les autorités locales étaient également réticentes à participer dans les TEPs, et à partager des informations pertinentes pendant les discussions. Mais l'impact qualitatif révèle l'importance du dialogue comme un premier pas vers des actions concertées pour la bonne gouvernance, comme les exemples suivants l’illustrent:

  • Isiro, une TEP sur la «taxation» des visiteurs de la prison a conduit à une prise de position publique par les autorités et l'éventuelle éradication de cette pratique.
  • Kikwit, une TEP sur l’hausse fois deux du prix de l'eau a conduit à un renversement de la décision et à un engagement par les autorités provinciales de consulter avec des consommateurs dans l’avenir, avant de prendre de telles décisions.
  • Mbuji Mayi, un TEP autour des coupures d'électricité entraîné une solution collaboratif dans laquelle la population et les autorités locales ont accepté de tous contribuer à l’achat d'un nouveau groupe électrogène pour la pompe à eau de la ville, a estimé à plus d’un million de dollars.
  • Goma, un TEP a abordé la question de la violence cyclique et la confiscation des véhicules privés par des universitaires chaque fois qu'un étudiant du campus meurt. Le TEP a entraîné une recommandation que les autorités faciliteraient l'accès à un bus pour les étudiants et les étudiants s’engageait à des moyens pacifiques pour marquer des cérémonies funéraires, dans le respect de la police et l'ordre public.

Une radio + une radio = 86!

Chroniques du formateur mobile de Common Ground média

Aloys Noyoyita

Aloys Noyoyita (à droite) aide un journaliste à Radio Mongbwalu

Si vous voulez savoir à quoi ressemble un émetteur radio perché dans un arbre, adressez-vous à notre formateur mobile de Common Ground média, Aloys Niyoyita.

Pendant les deux dernières années, celui-ci a voyagé en avion, pirogue, autobus, et par moto afin de donner des formations de Common Ground Journalisme dans 86 des 100 radios partenaires de SFCG en RDC. Aloys Niyoyita travaillait pour Studio Ijambo de SFCG au Burundi avant de joindre la programme de SFCG en RDC en 2007. Aloys a effectué des formations dans 10 des 11 provinces de la RDC. En se rendant lui-même aux radios partenaires un après l’autre, plûtot qu’invitant un petit nombre de journalistes à s’y rendre aux centres urbains (ce qui est souvent le cas avec de telles formations), Aloys a reussi à atteindre 609 de journalistes radiophoniques, dont la majorité n'a jamais eu une formation journalistique au paravant.

Dans les zones où les repatriés commencent à se réinsérer, Aloys a collaboré avec l’HCR et les autorités locales afin de permettre aux journalistes de couvrir le processus de rapatriement d’une manière impartiale et précise. Il a également collaborer avec les ONGs IRC et CARE dans le cadre du programme, Tuungane, axé sur la bonne gouvernance et la reconstruction communautaire. La formation aidaient les journalistes de savoir quelles à poser et quels formats à utiliser pour promouvoir la participation citoyenne dans la prise des décisions. En Equateur, province fortement influencée par le parti de l’opposition, le Mouvement pour la Libération du Congo (MLC), Aloys encadrait des émissions du format ‘table ronde’ et ‘vox pops’, afin d’encourager les journalistes à affirmer leur indépendance et résister aux pressions politiques. En Ituri, Aloys a formé les animateurs communautaires du réseau local de Paix Akinamani, afin d’améliorer, en partenariat avec des radios de l'Ituri, leurs propres émissions sur la paix en appliquant les principes de Common Ground qui favorisent une diversité des voix et des formats de programmes axés sur les recherches de solutions.

Après deux années de formations, Aloys a goûté le foufou, le chikwanga et les feuilles vertes (il est végétarien) de toutes les tailles et de toutes les formes. Il continue à être impressionné par l'engagement de centaines de journalistes à travers la RDC qui travaillent avec peu de rémunération ou qui sont bénévoles. «Ils sont très engagés. Même quand ils n'ont rien. Et ils veulent faire leur travail correctement», explique Aloys. «Mais souvent, la mauvaise gestion de la station de radio est une source de frustration qui entraîne les jeunes journalistes talentueux à abandonner la profession.»

Face à ce problème, SFCG a décidé de mettre en place un nouveau projet pour répondre aux faiblesses structurelles des radios et pour améliorer la gestion des programmes. Aloys a intensifié ses activités dans chaque station, en consacrant trois semaines de travail au lieu d’une, avec le personnel de programmation. SFCG prévoit de déployer prochainement des formateurs experts en gestion durable de stations radio dans 20 de celles-ci, réparties sur 4 zones ruraux, instables, et reculés.

FLASH: SFCG a lancé de nouvelles formations en bonne gouvernance pour des stations de télévision provinciales -- dans la prochaine mise à jour!!


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