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Août 2009

Facilitateurs communautaires mènent un dialogue à Korhogho
Le climat politique en Côte d’Ivoire est à un moment crucial avec d’importantes étapes accomplies depuis la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou signé en mars 2007. Après des négociations le 15 mai 2009, la date du premier tour des élections présidentielles a été fixée au 29 novembre 2009. L’annonce de cette nouvelle date a été accueillie avec scepticisme par les analystes; ces derniers pensent qu’elle sera repoussée de nouveau. Cependant le gouvernement ivoirien se dit engagé pour maintenir la date des élections afin de réunifier la Côte d’Ivoire et de ramener la paix dans le pays.
Les étapes majeures pour la préparation des élections, le processus d’inscription des populations et la démobilisation des milices, continuent à se dérouler. Le processus d’inscription s’est tenu parallèlement avec la reconstitution des registres d’Etat Civil et a permis aux nombreuses personnes qui avaient vu leurs registres détruits ou disparus de se faire établir de nouveaux certificats de naissance. Bien que l’inscription se soit terminée officiellement avec plus de 6 million de personnes enregistrées, la risque d'un retard aux élections a irrité les membres du conseil de sécurité des Nations Unies. En particulier la France qui a publié, le 30 Juillet, une déclaration exhortant les hommes politiques ivoiriens à respecter la date prévue pour les élections, le 29 novembre. De plus, le gouvernement fait tout son possible pour créer une nouvelle armée ivoirienne pour assurer la sécurité à travers le territoire pendant les élections. Cette nouvelle troupe de 8,000 soldats comprendrait des forces nationales et des Forces Nouvelles (FN). Cependant, des problèmes logistiques continuent à freiner son déploiement.
Par ailleurs, un fait accompli est la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national à travers le redéploiement de l’administration. Les tribunaux sont en train d’être redéployés dans certaines zones sous contrôle des Forces Nouvelles. Le corps préfectoral a également repris fonction dans certaines régions. Tous ces progrès montrent qu’il y a des avancées dans la mise en œuvre des accords politiques de Ouagadougou. Cependant, nombreux problèmes restent à résoudre Il s’agit notamment de la réunification effective du pays qui se traduirait par l’unification des fonds publics, le désarmement des groupes armés, la réinsertion des anciens combattants et la mise en œuvre des différentes réformes notamment la réforme sur le foncier rural.
Soutenir le partage d’information pour la participation électorale
Une formation sur les techniques d’entretien du process électoral à
Korogho
Au cours des derniers 30 mois, SFCG a mis en place un projet pour mobiliser la participation civile dans le processus démocratique en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre, SFCG a organisé une série de forums publics sur les thèmes de l’identification et l’enrôlement et l’impact de la reconstitution des registres de l’Etat Civil. Ces réunions avaient comme objectifs de permettre le dialogue entre le public et les institutions responsables pour la prise de décisions dans ces domaines.
L’idée d’organiser ces forums est née d’une campagne pour un processus d’identification non-violent d’un des partenaires de SFCG, Téré, à Bouaké. Lors de cette campagne de Téré qui s’est déroulée dans 14 villages et quartiers de Bouaké, les participants ont posé des questions fondamentales, notamment sur les pièces à fournir pour se faire identifier, les lieux, qui est concerné par l’identification et l’enrôlement et qui ne l’est pas. N’étant pas capable de répondre à toutes les questions, Téré a indiqué ce manque du gouvernement.
Les forums, tels qu’organisés par SFCG, étaient inédits et rompaient avec toutes les conférences et campagne de sensibilisation qui ont été faites sur le sujet, créant des échanges plus interactifs qui ciblaient les populations rurales et particulièrement les femmes. Cette nouvelle méthode a été très appréciée dans les différentes communautés, notamment Bouaké, Korhogo, Guiglo, Soubré, Danané, et Man. Non seulement les populations ont pu être informées sur le processus électoral, mais aussi leurs craintes ont été apaisées.
Agents pour la Paix : Les Facilitateurs Communautaires
Le groupe des facilitateurs communautaires à Sassandra
Dès le début du programme en Côte d’Ivoire en 2005, SFCG travaillait conjointement avec des agents communautaires qui ont agi
comme leaders dans la gestion des conflits. Ils ont renforcé leurs connaissances et leurs capacités pour devenir des Facilitateurs
Communautaires du conflit et de la consolidation de la paix. Suite aux nombreuses formations des dernières quatre années
auxquels les Facilitateurs ont participé, ces derniers ont menés dans leurs propres communautés des sessions d’échange. Des éditions précédentes des « Nouvelles de la Côte d’Ivoire » ont souligné des exemples de leurs projets.
Maintenant, face aux élections anticipées, SFCG travaille avec les Facilitateurs Communautaires pour qu’ils puissent jouer un rôle de soutien du processus d’éducation civique. SFCG a organisé une journée de planification autour de la sensibilisation de l’éducation civique à Daloa le 18 et 19 février 2009. A travers cette session, les 14 Facilitateurs ont proposé des activités qu’ils pourraient initier dans leurs localités pour encourager plus de dialogue autour du processus électoral.
Avec le soutien de SFCG, entre fin février et mi-juin, les Facilitateurs ont organisé 15 dialogues et sessions d’échange avec la participation des membres de leur communauté à travers toute la Côte d’Ivoire. Reflétant les réalités que vivent les différentes communautés, les sujets de sessions ont abordé plusieurs thèmes comme les
droits et les devoirs du citoyen, la tolérance politique, l’ethnicité, et la bonne
gouvernance. Environ 840 personnes au total ont participé aux sessions.
Pour la plupart, les participants étaient des femmes et des jeunes de parties
politiques divers avec la participation occasionnelle d’une autorité
administrative ou locale. Étant donné la manière participative et informelle
des échanges, les
participant s de
milieux différents
étaient à l’aise et
pouvaient discuter leurs problèmes communautaires et proposer des
solutions pour améliorer les relations entre leurs membres. De plus,
certains Facilitateurs, en dehors des sessions de dialogue, ont effectué des
tournées de sensibilisation en éducation civique, et d’autres ont établi des
séances de réconciliation dans les villages environnants leur localité. A
Guiglo les femmes facilitateurs communautaires ont mis en place une
association appelé « Messagères de la non-violence », qui a pour objectif
de réduire les tensions avant, pendant et après les élections à venir. A
travers leur travail, ces Facilitateurs Communautaires participent pour la
plupart à la gestion de plusieurs conflits et pour la promotion de la non
violence dans leurs communautés.
« A Korhogo, il y avait des participants issus de
deux villages voisins qui sont souvent en conflit.
La session leur a permis de se retrouver et
d’échanger sur les raisons de leurs conflits, et,
par conséquent résultat, ils ont décidé d’unir
leurs efforts pour le développement de leur
localité. Ça a été une belle expérience pour moi de
faciliter une session d’échange sur la tolérance
politique dans ma localité, parce que c’est un
thème très important qui touche les jeunes des
partis politiques ici à Toulepleu. Les échanges ont
été francs et j’ai remarqué que les participants
éprouvaient une certaine fierté que ce soit un des
leurs qui anime les travaux en groupe, tout cela
grâce aux connaissances que j’ai reçues de
SFCG. »
- Tiedy Narcisse, facilitateur dans la
région du Moyen-Cavally (Toulepleu)
Plein feu sur Liliane Tiepokin, Studio Coordinator
Venant de l’ouest de la Côte d’Ivoire, Liliane Tiepokin, a intégré l’équipe de SFCG
en juin 2007. En tant que Coordinatrice Studio, Liliane est chargée de la
production d’Abidjan. Cette expérience professionnelle lui a permis de renforcer
son expertise en matière de média. Elle a étudié le journalisme et, de plus, exercé
en tant que journaliste dans la presse écrite. SFCG lui a permis de découvrir la
radio et de se familiariser avec ce moyen de communication. Maintenant, elle
apprécie et voit l’importance de ce Mass Média, surtout dans la mise en oeuvre
de la mission du renforcement de la cohésion sociale entre les groupes et les
communautés divisées.
De plus, elle dit que l’organisation lui a permis de renforcer son leadership. Elle a
appris à s’organiser dans son travail, à établir des priorités, à gérer le personnel
sous sa supervision, à déléguer ou intervenir soi-même.
Et la chose finale, non moins importante, que SFCG lui a apportée est la
polyvalence dans le travail. Bien que travaillant dans les médias, il lui a aussi été
donné l’occasion de mener des activités communautaires. Timide auparavant, elle
a appris à se tenir devant une assemblée et à faciliter une activité. Cela a aussi
renforcé ses capacités au niveau de l’organisation des activités.
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