
English Juillet 2010
La Synergie des Médias: Observatrice des Elections au Burundi
L’année 2010 marque une période d’élections très importante pour le Burundi, où les élections communales et présidentielles ont été déjà lieu. Ce mois-ci les élections législatives auront lieur les 27 et 28 juillet. Lors des élections communales
du 24 mai 2010, un fort taux de participation impressionnant a été constaté, ce
qui a eu pour effet de raviver l’espoir et la foi dans la démocratisation du pays.
Des journalistes à la réunion de la Synergie des Médias préparent pour faire des rapportages partout au Burundi.
Cependant, cette atmosphère positive n’a pas fait long feu. Des allégations de
fraudes, une tension politique sans cesse accrue, et des incidents violents ont éclipsé le progrès et ont mis en relief la fragilité du Burundi. Tous les partis
d’opposition ont oycotté les élections présidentielles du 28 juin 2010. Bien que le
taux de participation fût bien plus élevé en milieu rurale, il était bien limitéà Bujumbura.
Pendant cette période des élections, la Synergie des Médias, un partenariat de
plus seize chaînes de médias y compris Search for Common Ground (SFCG), a
fait une observation des élections afin de donner des informations
professionnelles, impartiales aux citoyens et aux électeurs. La Synergie des
Médias, lancée pour la première fois pendant les élections de 2005, vise la
réduction de la désinformation et l’augmentation de la nature participative par
l’entremise de leurs reportages. SFCG et la Synergie des Médias sont profondément engagés dans la résolution pacifique des différends étaient déçu par l’incidence croissante de la
violence au Burundi.
Malgré les multiples défis auxquels elle a fait face, la Synergie
des Médias a efficacement contribué aux reportages
professionnels des élections. Avant les élections, SFCG
et l’Association Burundaise des Radiodiffuseurs (ABR) ont tenu
une réunion qui a relevé l’obligation des journalistes de fournir
les reportages complets et impartiaux en préparation de la
couverture des élections. Les 90 journalistes de la Synergie des
Médias ont fait des reportages partout dans pays durant les élections communales. Lors de la campagne résidentielle, les
journalistes ont suivi les développements et ont rassemblé les
avis des citoyens autour de question du contexte local. Aussi,
70 journalistes étaient furent déployés partout dans le pays
pendant les élections présidentielles.

Pour chaque élection, les journalistes de la Synergie
observaient soigneusement le processus de vote et donnaient les informations pertinentes à l’équipe
commune de rédaction basée à Bujumbura. L’équipe de rédaction a fait usage des informations envoyées par les journalistes et des réponses en direct fournies par la Commission Electorale Nationale Indépendante
(CENI) pour produire plus de 33 heures d’émissions en français, en kirundi, en kiswahili et en anglais. Les émissions, des bulletins de 15 minutes et des reportages de 30 minutes, couvraient des sujets variés tels que
les heures d’opération des bureaux de vote, les nouvelles décisions prises par la CENI, les problèmes de
sécurité, et tous les défis auxquels les électeurs pourraient faire face concernant leur participation aux élections présidentielles.
En s’alliant pour former la Synergie des Médias, les médias burundais ont encore une fois montré leur
professionnalisme et leur engagement constructif dans l’avenir du pays. Malgré les défis qui se sont posé lors
des élections communales et présidentielles, la Synergie anticipe de jouer un rôle important pendant les élections parlementaires, fixées pour les 23 et 28 juillet. La Synergie des Médias révise constamment toujours
son approche pour s’assurer que le processus d’élections soit libre, transparent, participatif autant que
possible.
Mauvaise planification par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
Même si les élections communales furent d’abord annoncées pour le vendredi le 21 mai 2010, un retard
dans la distribution des bulletins de vote a repoussé la date des élections. Au soir du jeudi 20 mai, la CENI a
annoncé qu’elle repousserait le scrutin jusqu’au dimanche. D’après le gouvernement, un grand nombre des
bureaux de vote n’avaient pas reçu leurs bulletins de vote lesquels ont été imprimés par des fournisseurs
indépendants en Afrique du Sud. Le gouvernement n’a pas indiqué si les bulletins étaient au Burundi. Le
vendredi après-midi, les élections furent encore une fois repoussées jusqu’au lundi le 24 mai, 2010.
Ces retards ont eu un impact sur la logistique de la Synergie des Médias. SFCG et ses partenaires avaient
déjà envoyé plus de 90 journalistes sur le terrain et les arrangements avaient déjà été faits pour le transport
et le logement des journalistes. Une réunion des bailleurs et divers partenaires a décidé de financer ces
coûts imprévus afin de soutenir les journalistes sur le terrain. La Synergie des Médias remercie ses bailleurs
pour leur soutien et leur flexibilité face à ces circonstances qui ont évolué rapidement.
Les controverses des élections communales amènent au boycott des élections présidentielles
Au bureau de vote à Bujumbara, la capitale, les électeurs attendent leur tour de vote.
Les élections communales se sont déroulées de manière
libre tout en étant paisibles selon les observateurs
nationaux et internationaux. La police et l’armée ont
réussi à maintenir l’ordre et à assurer la sécurité des électeurs et du matériel électoral. Les médias burundais,
aidés de la Synergie des Médias, a magistralement
rempli le rôle d’organe démocratique de supervision
des élections. Le travail de la Synergie des médias a
contribué à augmenter le nombre ’électeurs dans les
bureaux de vote. Elle également permis de constater et
de rapporter des irrégularités observée et de donner
des informations aux agents de CENI dans les
différentes provinces et communes.
Cependant, la situation a détérioré de manière
alarmante après les résultats de l’élection aient été annoncés. Les partis de l’opposition qui n’ont pas
remporté les élections ont accusé de fraude, le Conseil national de défense de la démocratie - Forces de défense
de la démocratie (CNDD-FDD) qui est sorti vainqueur de ces joutes. Actuellement regroupés dans l’Alliance des
Démocrates pour le Changement (ADC), les treize parties d’opposition ont demandé un nouveau tour des élections
communales et la démission du CENI. La plupart des préoccupations soulevées ont été jugées trop faibles pour
justifier de nouvelles élections, mais la manque de solution adéquate n’a eu pour effet que d’augmenter les
tensions déjà existantes. L’ADC a donc boycotté les élections présidentielles en retirant leurs candidats respectifs.
Le 6 juin, Edouard Nduwimana, le Ministre de l’Intérieur, a communiqué aux partis de l’opposition, qu’ils n’étaient
plus en mesure d’organiser des rassemblements ou des manifestations jusqu'à la tenue des élections présidentielles
vu qu’ils se sont retirés du processus. Nous rappelons que les partis participants aux élections peuvent manifester
uniquement durant les périodes de campagne. Les partis de l’opposition ont exprimé fortement leur objection à cette décision. Les tensions se sont alors accrues.
La Synergie a observé des irrégularités mineures, telles que:
- Des tentatives de fraude sur les élections et des tentatives
de falsifications des résultats ont été enregistrées. Deux
jours avant les élections, une grenade a explosé dans un
poste militaire dans la province de Rutana où il y avait du
matériel destiné aux élections.
- Des bulletins de vote ont manqué le jour des élections
retardant ainsi le processus et prolongeant l’horaire de
fonctionnement des bureaux de vote.
- Des membres de certains partis politiques ont tenté
d’influencer le vote de certains électeurs en leur disant de
vive voix pour qui il fallait voter ou encore en brandissant
des pancartes.
- Des délais dans le transfert des données à la CENI, ce qui
a ralenti le processus de décompte de vote.
- Une confusion au niveau électeurs qui sont allés dans
certains bureaux de vote alors qu’il n’y étaient pas
enregistrés. Nous notons qu’il n’y avait pas un processus
de CENI pour faire face à ce problème. En plus, la
procédure de procuration n’était pas bien expliquée.
La sécurité se détériore à l’approche des élections présidentielles
Les tensions politiques ont mené à la violence
politique croissante rendant la tenue des élections
présidentielles particulièrement difficile pour les électeurs et la Synergie des Médias. La Synergie s’est
restructurée afin de pouvoir fournir des informations
impartiales et pertinentes aux citoyens en dépit des
problèmes de sécurité et de l’absence totale de
candidats de l’opposition. Le boycott de l’ADC, les
explosions de grenade, une série d’assassinats et les
menaces contre les électeurs, sont des facteurs qui ont
eu un impact négatif sur le taux de participation des élections, lequel a diminué de 77%. Tout cela n’a fait
que jeter des zones d’ombres sur la transparence des élections. Pierre Nkurunziza, le président actuel, a
remporté l’élection avec plus de 90% des votes.
Toutefois, il est la violence croissante autour des élections qui est beaucoup plus bouleversant que la
manque des candidats d’opposition. Pendant la
campagne présidentielle, 98 explosions de grenades,
qui ont tué 7 personnes et ont blessé au moins 55, étaient rapporté au pays. Plus de 40 bureaux des
partis politiques ont été brûlés, dont la plupart
appartenait au parti dirigeant. La police n’a pas
encore identifié les partis coupables.
Quelques jours avant l’élection, Agathon Rwasa, chef
des FNL (Forces de Libération Nationale) qui fut le
dernier groupe armé à avoir abandonné la guerre
civile, a disparu. Rwasa dit qu’il a quitté le pays pour
se protéger contre les actions du gouvernement, mais
plusieurs pensent qu’il est actuellement au République
Démocratique du Congo (RDC) pour retourner au
conflit armé.
Durant le jour de l’élection et durant les jours qui ont
suivi, les tensions grandissantes ont amené une vague
de violence. Dix huit grenades ont explosé le 27 et 28
juin dans 7 provinces, 3 fusillades ont eu lieu dans la
province de Bubanza. Des bureaux de partis politiques
ont été incendiés.
Bien que les élections communales et présidentielles
aient représenté un pas important vers la démocratie et
la consolidation de la paix, leur impact reste
cependant incertain. Alors que le taux de participation
fut élevé lors des élections communales, les
accusations, les tensions, et les problèmes de sécurité qui ont suivi n’ont fait que souligné la fragilité du
Burundi. Ils servaient de renforcer l’importance et la
néces s i t e d’une engagement durable à l a
transformation des conflits et la construction de la paix
auxquels le SFCG et la Synergie des Médias restent
profondément dévoué.
Search for Common Ground évalue la crise politique à Madagascar
Un article récent dans le journal de Foreign Policy qui a souligné le travail impressionnant de la Synergie des Médias. Le directeur national du SFCG Burundi, Adrien Sindayigaya, a contribué quelques commentaires:
« Les médias, quand ils sont seuls, sont fragiles.
Quand vous essayez d’exposer des acteurs politiques, il est facile pour eux de dire, ‘C’est parce que vous êtes contre nous.’ Cependant, quand il y a un grand nombre des journalistes qui disent, ‘On sait
ce qui c’est passé,’ ou, ‘On était témoins à cette action,’ il est plus difficile de les contraindre de soutenir une certaine position.»
Le texte complet de l’article (en anglais) peut être trouvé à
www.foreignpolicy.com/articles/2010/06/25/whats_the_frequency_nkurunziza
Search for Common Ground in Burundi
B.P. 6180 27 Avenue de l'Amitie
Bujumbura, Burundi
Phones:
+ (257) 217 7194 / + (257) 217 7195
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E-mail:
burundi@sfcg.org
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