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Octobre 2008
Contexte du pays
Des leaders communautaires participent à une formation sur la résolution des
conflits dans la province de Bubanza
Le Burundi est entré dans la phase finale
de ‘post conflit’ de son histoire avec le
début du processus de désarmement et
de réintégration des Forces Nationales
de Libération (FNL), le plus ancien et le
dernier des groupes armés du pays.
Alors que la réintégration des excombattants
FLN dans la société sera
difficile, pour la première fois depuis
plus de 15 ans, le pays est libéré de tout
groupe armé, une situation qui ouvre de nouvelles opportunités de dialogue politique
et d’avancées démocratiques.
La préparation des élections nationales, parlementaires et locales, prévues pour
2010, a commencé. L’organisation d’élections libres, transparentes et honnêtes
constituera une référence dans le processus de consolidation de la paix au Burundi,
et le récent accord de septembre sur un code électoral, conclu à la fois par le parti
présidentiel et les partis d’opposition est un autre pas dans la bonne direction.
Néanmoins, des inquiétudes persistent dans la mesure où les élections passées, à
l’exception de celles de 2005, ont joué un rôle déstabilisateur dans l’ensemble de la
région et de nombreux détails restent encore à régler. Les Burundais ont encore plus
d’inquiétudes concernant le processus de justice transitionnelle, qui risque d’être
éclipsé par les élections. En juillet, le comité national de pilotage a commencé les
consultations, qui devraient s’achever en décembre 2009, soit au plus fort de la
préparation des élections.
Le rapatriement accéléré des réfugiés burundais en Tanzanie a étendu les capacités
d’absorption des prestataires de services et des communautés d’accueil,
principalement dans le sud du Burundi. En juin, un accord a été conclu avec le
gouvernement tanzanien pour permettre au camp de réfugiés de Mtabila de rester
ouvert au moins jusqu’à la fin septembre 2009. A la date du 22 septembre, 50 000
réfugiés avaient été rapatriés de Tanzanie depuis mars 2008. Malheureusement, les
conflits fonciers dans les zones de retour ont contraint de nombreux réfugiés à
demeurer dans les campements provisoires qui entourent les grands centres
administratifs, et ont accru le travail de la Commission Nationale « Terres et Autres
Biens » (CNTB), dont les performances pourront s'améliorer avec la révision de la loi
qui la régit et lui octroie plus de pouvoir et de force.
Sensibilisation aux consultations nationales sur la justice transitionnelle
Christian Ngendahimana organise une séance de formation sur
la résolution pacifique des conflits avec des collaborateurs
communautaires de la CNTB dans la mairie de Bujumbura
Le Burundi a récemment initié un processus de justice transitionnelle pour découvrir les causes sous-jacentes aux crises
récurrentes qui ont frappé le pays. C’est dans ce but qu’au mois de novembre 2007, un comité de pilotage composé de six
membres (deux représentants du gouvernement, deux
représentants des Nations Unies et deux représentants de la
société civile) a été mis en place pour organiser des consultations
nationales. Après un long processus de préparation technique,
ces consultations nationales ont commencé en juillet 2009. En
s’appuyant sur les médias et les discussions publiques, SFCG a
analysé la justice transitionnelle à la fois de manière générale et
dans le contexte spécifique du Burundi. Ainsi, au cours des trois
derniers mois, SFGC Burundi a travaillé à sensibiliser la
population sur des thèmes tels que :
- le rôle et la contribution des acteurs de la vie nationale pour la
réussite des consultations nationales,
- la différence entre le projet des consultations nationales et la
Commission Vérité et Réconciliation,
- les critères d’identification des personnes qui seront consultées
dans le processus des consultations nationales.
De plus, SFCG Burundi a organisé la couverture médiatique des
consultations nationales. En effet, au cours du mois de juillet,
ayant constaté que les radios du pays ne couvraient pas un
événement aussi important, SFCG a collaboré avec une station
de radio locale, Isanganiro, pour couvrir la phase des consultations dans les provinces de Bubanza et de Cibitoke. Au cours
d’une des émissions Isanganiro ry’Urwaruka (« Point de rencontre de la jeunesse ») au studio Ijambo de SFCG, diffusé par la
station de radio Isanganiro, un membre du Comité de Pilotage des Consultations nationales, Mr Joseph Ndayizeye, a envoyé
un message SMS au journaliste du studio, en lui disant : « Nous remercions beaucoup Search For Common Ground qui, en
collaboration avec Isanganiro, est en train de mener la couverture médiatique de ces consultations nationales, alors que les
autres radios ne le font pas, bien qu’elles aient reçu des fonds pour le faire. » Le processus des consultations nationales se
poursuivra jusqu’à fin décembre 2009, et SFCG Burundi poursuivra la couverture médiatique de cette activité, à travers
l’organisation d’émissions radios et de panels, non seulement pour renforcer la prise de conscience, mais également pour
inciter aussi bien les citoyens que les élus à participer activement à ce processus et
Théâtre participatif sur le conflit foncier
Les acteurs de la troupe théâtrale et leur public
Depuis le mois de mai 2009, 23 représentations théâtrales ont été
organisées dans la province de Makamba pour accroître la
sensibilisation sur la résolution pacifique des conflits fonciers. Dans
ces représentations, la troupe théâtrale met en scène un conflit ou
une situation propre au village. Les spectateurs sont ensuite invités
par la troupe à participer à la représentation – soit en jouant
directement un des rôles, soit en essayant de « conseiller » les
comédiens sur la façon de résoudre pacifiquement les conflits
fonciers, ou simplement en partageant leurs idées sur les conflits
fonciers avec le reste de la communauté. Après le spectacle, le
public a une occasion de partager ses expériences. Durant ces
représentations, 212 personnes, dont 80 femmes, sont intervenues
et ont proposé leurs idées sur les comportements à adopter dans la
résolution des conflits fonciers. Près de 40 participants ont reconnu
être engagées dans un conflit foncier et certaines se sont engagées
à négocier avec les autres parties en conflit pour partager les
terrains.
Un des spectateurs, Nitereka Japhet, raconte qu’il nourrissait un
esprit de vengeance à l’encontre de ceux qui l’avaient chassé de ses
terres et détruit sa maison. Après avoir assisté à ce spectacle, il a affirmé vouloir changer de comportement. Sur les conseils
de la troupe de théâtre de SFCG, il est donc allé voir l’ONG Avocat Sans Frontières qui lui a attribué un avocat chargé de
suivre sa plainte, et son procès évolue très bien. Il en remercie grandement SFCG. Un autre participant au spectacle a reconnu
que la représentation mettait en scène sa propre histoire et il s’est demandé : « Comment les gens de Bujumbura connaissent
mon histoire ? ». Après cela, il s’est engagé à partager sa terre avec des rapatriés.
Les discussions facilitent les échanges pour résoudre le conflit foncier
Les participants de la table ronde sur les conflits fonciers
Au cours des trois derniers mois, SFCG a organisé des tables rondes à Makamba, à Bujumbura, à Kayanza, à Bubanza et à
Muyinga sur les problématiques des conflits fonciers et du rapatriement des réfugiés au Burundi. Les participants à ces activités
comprenaient des représentants de la société civile, des électeurs, des représentants des partis politiques, des représentants des
rapatriés et des membres de la Commission Nationale « Terres et Autres Biens », tant au niveau local qu’au niveau national. Le but
de ces tables rondes est de créer un cadre d’échanges entre l’électorat
et les parlementaires, pour répondre aux préoccupations du public. Les
députés disposent ainsi des connaissances nécessaires pour informer
leurs supérieurs des problèmes du terrain.
Au sujet du rapatriement, l’un des principaux défis rencontrés est la
réintégration économique et sociale des rapatriés. Les rapatriés, qui pour
certains ont fui depuis 1972, trouvent en effet souvent leurs terres
occupées à leur retour. Dans certains cas, ils ne trouvent pas même
d’endroit où habiter, et se retrouvent dans les ‘villages de paix’ construits
par le gouvernement, où ils peuvent demeurer temporairement. Les
participants à la table ronde se sont concentrés en particulier sur le cas
de Makamba, une province qui connaît de nombreux conflits fonciers en
raison du nombre important de rapatriés dans cette zone. Ces
discussions ont abouti à plusieurs recommandations adressées au
gouvernement et à la CNTB. Les plus importantes sont les suivantes :
-
Que la CNTB , le Gouvernement et les autres intervenants
traitent rapidement tous les cas de rapatriés qui trouvent leurs
terres occupées à leur retour ou qui ne connaissent pas leurs
origines ;
-
Que le gouvernement décentralise la CNTB pour que le travail soit plus efficace ;
-
Que le gouvernement légifère afin de donner plus de force aux décisions de la CNTB ;
-
Que le gouvernement prenne en charge les rapatriés et autres personnes vulnérables pour encourager la réconciliation et
renforcer la réinsertion et la cohabitation entre les différentes composantes de la population, en particulier entre les
rapatriés et les résidents.
Ces tables rondes ont ainsi offert un cadre d’échanges aux différents acteurs impliqués dans la résolution des conflits fonciers et
dans la réintégration des rapatriés. Elles leur ont également donné l’occasion d’identifier leurs rôles et leurs responsabilités dans la
collaboration qui doit exister entre les différentes composantes.
Search for Common Ground évalue la crise politique à Madagascar
Dans le contexte de la crise politique actuelle à Madagascar et du rôle
négatif que les médias y jouent, le directeur pays de SFCG Burundi,
Adrien Sindayigaya et le manager du programme Afrique, Rebecca
Besant, ont entrepris une mission d’évaluation financée par le PNUD et le
Bureau d’information publique de l’ambassade des Etats-Unis, pour
évaluer l’environnement médiatique à Madagascar et les possibilités de
consolidation de la paix. La tâche de SFCG consistait à mener
l’évaluation sur la base de ses expériences passées, dans des
environnements aussi hautement politisés, notamment au Burundi et en
Sierra Leone.
Au cours des discussions, les journalistes malgaches ont été très intéressés
d’entendre parler des programmes du studio Ijambo et des changements
que son équipe a apportés au paysage médiatique burundais. A la fin de
la mission, SFCG a développé une stratégie pour promouvoir la cohésion
sociale, en renforçant la capacité des médias et de la société civile à atténuer les tensions provoquées par la crise politique.
Grâce à ses connaissances dans l’utilisation des médias pour promouvoir des relations positives au sein des communautés et la
réconciliation, et son expérience dans le renforcement du rôle des acteurs locaux dans la mise en application d’une
méthodologie de terrain d’entente, SFCG est dans une position unique pour mettre en oeuvre des programmes visant à traiter les
tensions sociales croissantes, semblables à celles que devaient affronter le Burundi.
Search for Common Ground in Burundi
B.P. 6180 27 Avenue de l'Amitie
Bujumbura, Burundi
Phones:
+ (257) 217 7194 / + (257) 217 7195
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E-mail:
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